Retour sur l’après-midi de sensibilisation au handicap visuel à travers la pratique du surf lors du Caraïbos Lacanau Pro

See Surf tient à remercier les girondins évènements pour leur soutien et leur confiance dans ce projet, le LSC (particulièrement Laurent et Yann), les surfeurs et surfeuses pro (Illona, Nawlan, Medi et les autres) qui ont bien voulu se prêter au jeu, Laurent Marouf, Lou, Emilien ainsi que les bénévoles présents ! Un merci particulier aux photographes (notamment Stéphane Gelisse, Patrick Creusot et Christian Philippi) et journalistes présents.

Par un bel après-midi ensoleillé, les Seesurfeurs, Lou et Emilien accompagnés des bénévoles See Surf ont retrouvé sur la plage centrale de Lacanau,  des surfeurs professionnels tels que Laurent Marouf, Medi Veminardi, Illona Rondi ou encore Nawlan Rondi (et bien d’autres) afin de réaliser une après-midi de sensibilisation au handicap visuel.

Tout le monde était au rendez-vous, même mer nature s’est prêtée au jeu en nous offrant des vagues de 50-60 cm et une eau à 20 degrés.

Revenons en quelques lignes et photos sur cette superbe journée:

14h : on entend en fond Laurent Rondi (Président du LSC et speaker au Caraïbos Lacanau Pro) annoncer dans son micro le début de l’après-midi See Surf.

Alors que les bénévoles installent le stand et gonflent les paddles, des journalsites arrivent pour couvrir l’évènement. Tout le monde se prépare pour aller à l’eau.

14h15 : le sable est chaud et la température avoisine les 30 degrés, tout le monde est prêt pour se jeter à l’eau.

Les touristes sur la plage regardent, observent et s’interrogent même (Comment peut-on surfer sans pouvoir voir?).

14h20: les photographes sont là, les pieds dans l’eau et prêts à dégainer.

Tout le monde est en combinaison et retrouve la direction de l’eau.

La démonstration commence.

Claudy avec sa combinaison jaune et noire, faite sur mesure est de la partie!

 

Emilien ultra-motivé, a mis ses lunettes et est prêt à montrer ses talents de surfeur.

Lou, toujours avec le sourire, découvre comme Emilien le surf en paddle.

Ils prennent tous leurs premières vagues avec succès, elles sont superbes !

Les sourires et la bonne humeur sont là. Tout le monde crie, encourage à chaque vague prise.

Les journalistes interviewent les participants.

C’est du bonheur à l’état pur ! On ne voit que des sourires et de la satisfaction.

Alors qu’Emilien et Lou sortent de l’eau et se prêtent au jeu des interviews, Claudy, lui continue de prendre des vagues.

15h15 : les pro-surfeurs et pro-surfeuses mettent à leur tour des bandeaux autour des yeux pour tester le surf en mode non-voyant. Ils sont prêts ! La tâche n’est pas si simple, même pour un pro car les repères sont différents (ndlr : les repères visuels sont en principe primordiaux en surf).

        

16h : le grand public entre en scène. Enfants et adultes veulent s’essayer au surf en mode non-voyant. Ils se sont inscrits auprès de Camille qui est restée installée au stand en début d’après-midi. Ils sont nombreux à vouloir tester. Certains sont novices, d’autres déjà un peu plus expérimentés en surf mais tous prennent du plaisir et découvre toute la difficulté de rester stable sur une planche sans avoir de repère visuel. La sensibilisation est une réussite !

   

18h 15 : les derniers participants sortent de l’eau.

Tout le monde semble ravit en sortant de l’eau.

18h30 : les bénévoles démontent le stand et dégonflent les paddles.

19h : tout le monde repart en attendant des nouvelles aventures See Surf…

Les sourires sont là et suffisent largement pour exprimer cette journée !

Bref, une après-midi marquée par la joie, la bonne humeur, les sourires, les échanges et la découverte pour beaucoup de la possibilité de surfer sans voir.

Rendez-vous le 10 septembre prochain pour une nouvelle journée See Surf… !

Avec le surf, tout est possible !
 
Crédits photos:
Stéphane Gelisse, Patrick Creusot et Christian Philippi

Principaux liens Internet ayant relégué l’action :

https://www.francebleu.fr/infos/societe/l-association-see-surf-propose-aux-malvoyants-des-initiations-lacanau-1502730830

http://lacanaupro.com/14-aout/

http://www.sudouest.fr/2017/08/15/du-surf-a-l-aveugle-pendant-le-lacanau-pro-3695811-2921.php

Vous pouvez trouver d’autres photos de l’évènement sur le Facebook de Stéphane Gelisse:

 https://www.facebook.com/stephane.gelisse/

Et le lien du site Internet d’un des photographes : Christian Philippi: http://www.kristian-photos.com/

 

 

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See Surf sensibilisera sur le handicap visuel et le surf lors du Caraïbos Lacanau Pro 2017

See Surf sera présent sur le Caraïbos Lacanau Pro 2017  (http://lacanaupro.com/) le lundi 14 août 2017 de 14h à 18h. Pour cette occasion, elle vous proposera une animation à la sensibilisation du surf en mode non-voyant!

Avec le soutien du Lacanau Surf Club : http://lacanausurfclub.com/global/

et du Caraïbos Lacanau Pro : http://lacanaupro.com/

affiche officielle de l’après-midi

 

Cette animation va se dérouler en plusieurs périodes :

  • De 14h à 14h30

Une démonstration de quatre handisurfeurs sera réalisée par Lou et Emilien, deux enfants en situation de handicap visuel, accompagnés par des bénévoles de See Surf et de Laurent Marouf, handicapé d’une jambe et de Virginie Louppe, handicapée moteur.

Ces quatre passionnés auront pour objectif de vous montrer que l’on peut dépasser son handicap et bien surfer en Gironde.

 

Lou qui surfe

  • De15h à 15h45

Une démonstration de surf en situation de handicap visuel sera réalisée par 5 équipes composées chacune de 3 personnes : un bénévole de l’association See Surf, un pro-surfeur ou une pro-surfeuse (sous confirmation) et un licencié du Lacanau Surf Club, notre partenaire de toujours. Ils seront équipés de bandeaux afin d’être en mode non-voyant.

Chacun fera des sessions de 15minutes puis tournera.

  • De 16h à 18h

See surf permettra au grand public de découvrir le surf en situation de handicap visuel.

En effet, See Surf vous offre la possibilité durant trente minutes de pouvoir essayer de surfer les yeux bandés. See Surf vous prêtera un paddle (cinq paddles seront à disposition) et vous serez assistés de bénévoles See Surf qui sont déjà formés et expérimentés à la pratique du surf en mode non-voyant. Vous allez devoir développer vos autres sens et vous en ressortirez grandis !

Quatre sessions de cinq personnes sont prévues.

Emilien qui surfe

Pour pouvoir participer, il vous faudra vous inscrire au préalable :

  • soit en pré-inscription en ligne via :

https://beta.doodle.com/poll/gdtf8s8zrax5xn3d (Merci de confirmer votre pré-inscription par mail à seesurf@live.fr en y indiquant nom, prénom, mail, téléphone et créneau horaire choisi)

  • soit directement à notre stand See Surf le jour même à partir 14h, le 14 août 2017. Le stand sera situé directement sur la plage, juste en bas de la zone de compétition.

Attention pour un souci d’organisation mais également de respect pour les bénévoles qui donnent de leur temps, merci d’être présents et de respecter les créneaux.

Le nombre d’inscription est limité à 20 personnes

Vous avez d’ores et déjà la possibilité de nous suivre via les réseaux sociaux Facebook et Twitter :

https://www.facebook.com/events/287343961740936/?acontext=%7B%22ref%22%3A%2222%22%2C%22feed_story_type%22%3A%2222%22%2C%22action_history%22%3A%22null%22%7D&pnref=story

Alors n’hésitez pas ou plus, c’est le moment de venir jouer le jeu ! See Surf sera là pour s’occuper de vous et vous permettra la découverte de nouvelles sensations de glisse jamais vécues jusqu’à présent et de développer les autres sens que la vue !

Avec le surf tout est possible !

photo de groupe 2017

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Présentation d’un bénévole See Surf : Polo la science

 Interview de Jean-Paul DUPUY (dit « Polo la science »)

Polo, Claudy et Maëva devant le LSC lors de la préparation de l’Interview

Polo : présentation du surfeur sportif passionné

See Surf : Bonjour Polo tout d’abord, See Surf te remercie d’avoir accepté de répondre à ses questions.

Peux-tu te présenter brièvement ?

Polo : « Bonjour, Je suis Polo, j’ai 72 ans, retraité célibataire et ancien secrétaire du LSC (de 1989 2006).

Je suis un surfeur passionné et j’ai ma licence en tant qu’adhérent au Lacanau Surf Club (LSC) depuis 1978.

J’ai filmé les premiers Lacanau Pro (ndlr : à l’époque Polo travaillait pour la société Sdrm et vendait des caméras. Dès avril 1978, il a commencé à filmer les premières compétitions du Lacanau Pro).

J’ai attendu 46 ans pour gagner une compétition de surf puisque je suis vice-champion de surf (vétéran) (en 1991) et deux fois champions de Gironde (vétéran).

Les canaulais le savent, j’aime le surf old school et je surfe avec mon longboard 9 Escape du mois de mai jusqu’à la fin du mois de novembre (selon les conditions).

Je pratique également le tennis (ndlr : en 1970 et 1971 : il a notamment participé à une rencontre amicale entre le tennis club de Kourou et le tennis Club do Para (Belém-Pará) au Brésil et le golf (ndlr : il a sa licence golf et participe à des compétitions).

 

Polo au tennis Club de Kourou

Polo en slamon skate en 1979 à Saintes

 

 

Je suis également passionné de l’aviation, passion que je partage avec mon ami Laurent Aigon (ndlr : Laurent Aigon a fabriqué chez lui, dans la chambre de ses enfants un simulateur de vol de Boeing 737, un exemple d’Interview des deux hommes sur l’URL : http://www.dataero.fr/polo-laurent-home-cockpit/). J’ai même fait une pub Google avec lui (diffusée entre décembre 2013 et janvier 2014) !

(ndlr : Lorsque Polo commence quelque chose il s’investit entièrement. En effet, les sports qu’il pratique ou qu’il a pratiqué sont/ont toujours (été) réalisés dans le cadre d’une pratique fédérale).

 Enfin, je suis aussi le parrain de Topa Crew (ndlr : Topa Crew est un groupe de copains passionnés de l’océan, de surf, de musique et de bons délires. Ils ont une page Facebook qui est consultable sur l’URL : https://www.facebook.com/topacrew/) ».

(Ndlr : Polo est connu de tous les canaulais et durant l’interview, de nombreuses personnes qui entraient et sortaient du Banana Surf Café sont venues le saluer (en passant, on y mange toujours aussi bien !))

 

See Surf : Peux-tu nous expliquer ton surnom « Polo la science » ?

Polo la science :  (ndlr : Il sourit avant de nous répondre).

« Je pense que c’est dû aux différences d’âge entre les nouvelles générations. De plus, de 1969 à 1973, j’étais agent technique électricien au centre spatial guyanais à Kourou et j’ai pas mal voyagé donc ça doit être l’explication (…).»

 

See Surf : On sait que tu vis sur Lacanau océan, depuis combien de temps maintenant et pourquoi Lacanau-Océan?

Polo : « Avant de m’installer sur Lacanau-Océan, j’habitais Mérignac et en 1978, je venais skater avec des amis sur le front de mer de Lacanau face à la Résidence Océanides.

En 1977, je me suis acheté un combi, beige pour venir surfer à Lacanau-Océan puis un an après, j’ai pris ma licence au LSC (ndlr : le LSC est la deuxième école de surf française créée sous l’initiative de Serge Roy (après celle de Jo Moraïz à Biarritz) et parmi les premiers adhérents, on peut citer Gisèle Bidon, Francis Boutrois, Alain Etchart, Paul Feletou, René Guillet, Jacques Hèle, Michel Jurion, Francis Maugard, Thierry Organoff ou encore Jean-Charles Tauziat).

À l’époque Thierry Organoff, est avec Gérard (ndlr : Gérard Depeyris (figure incontournable du surf à Lacanau-Océan et shapeur depuis plus de 35ans)) le premier moniteur de l’école du LSC puis arrivera Bernard (ndlr : Bernard Lacau, également figure incontournable du surf à Lacanau-Océan).

À l’époque j’habitais Mérignac puis à partir de 1989, je me suis définitivement installé à Lacanau-Océan. »


Polo sur une vague avec son fameux longboard orange (photo de Julien Lestage)

See Surf : Peux-tu nous dire depuis combien de temps pratiques-tu le surf maintenant ?

Polo : « J’ai commencé le surf en 1978. Initialement, je skatais avec les copains de Bordeaux à Mériadeck, à l’époque j’avais 33 ans. Ils avaient installé une rampe en bois. J’ai été le premier à la rider d’ailleurs. Mais elle a vite brûlé (trop de nuisances sonores).

J’avais des amis sur Lacanau-Océan qui skataient et surfaient comme mon ami Francis (ndlr : Francis Maugard, ancien médecin, peintre et poète est l’un des premiers surfeurs français (sur Biarritz) et il a, avec Jacques Hèle, introduit le surf à Lacanau-Océan dans les années 60) ou mon ami Thierry (ndlr : Organoff, ancien surfeur pro, fait partie des créateurs du LSC et est devenu à partir de 1986, reporter et photographe professionnel pour Surf Session puis par la suite pour d’autres grands magazines), je les retrouvais pour skater et j’ai fini tout naturellement par les suivre à l’eau.»

See Surf : Tu as travaillé au Lacanau Surf Club (LSC) de 1989 à 2006, peux-tu nous dire quel poste occupais-tu ?

Polo:  « J’étais secrétaire, employé au LSC. Mon rôle concernait tout ce qui était administratif dans la gestion de l’école, du personnel (…). »

 

 

 

 

Polo dans son premier bureau La Tour en Front de mer en juin 1989

 

See Surf : On imagine que tu as tout un tas d’anecdotes sur tes années de surfeur à nous raconter, en aurais-tu une en particulier à nous faire partager ?

Polo : « Oui j’en ai beaucoup. Il y a par exemple celle en 1989 durant le 1er Quiksilver Pro. À l’époque, j’étais chargé d’inscrire les pro (100$) et un jeune surfeur pro australien, Jason Buttenshow me paie son inscription en traveller chèque sauf qu’il oublie de les contresigner (donc non payable en banque). Je le mets de côté. Le temps passe un peu. En hiver 1990, je pars en Australie retrouver des copains sur la Gold coast et je les prends avec moi (on ne sait jamais). On part surfer à Kirra  près de Coolangatta beach,  et là, je vois un mec surfer hyper bien avec des vagues d’un bon mètre et je m’aperçois que c’est Jason Buttenshow! Il sort de l’eau, je lui sors le traveller chèque à signer. Il a été surpris de me voir mais le signa quand même.

Autre anecdote, c’est toujours sur la Gold coast sur le spot de Kirra, je surfe une super droite, je sors de l’eau, je marche avec ma planche et là j’entends « hey tonton ! » c’était un ami de Lacanau !

Enfin, une dernière anecdote qui aurait pu mal se finir pour moi, c’est celle avec le surfeur hawaïen Sunny Garcia (ndlr : grand surfeur pro et notamment champion du monde de surf (en 2000) et six fois vainqueur de la Triple couronne). Lors d’une compétition, ses planches ont été perdues. Il était très en colère et a voulu me frapper car j’étais en charge d’une partie de l’organisation. J’ai vu son poing de très près ! L’histoire s’est terminée dans le bureau du LSC. Il s’est excusé et a été sanctionné de 800 points par l’ASP (ndlr : c’est l’ancienne dénomination de la WSL (World Surf League)).»

Polo en surftrip

See Surf : Quelle est la plus belle rencontre faite en tant que surfeur ?

Polo : « C’est celle de Gary Elkerton (ndlr : surfeur pro australien, trois fois champion du  Monde Surf Master (2000, 2001, 2003), deux fois vice-champion du Monde professionnel de surf (1987, 1990 et 1993) et deux fois champion de la triple couronne (1987 et 1989) et ancien membre d’honneur du LSC). Il a vécu à Lacanau-Océan car il est marié à une Française.

Il surfait avec moi dans l’eau et là je prends une belle droite. Il me crie « Polo ! » et me félicite, ça m’a beaucoup touché !

Depuis ce temps, il est retourné vivre en Australie

Enfin, il y a ma rencontre avec le surfeur pro Nat Young (ndlr : Robert Harold Young dit « Nat Young » célèbre surfeur pro australien, champion du monde en 1966 et 1970) qui a m’a dédicacé son bouquin.

 

See Surf : On sait que tu as réalisé de nombreux surftrips. Pourrais-tu nous dire quel est spot tu as le plus aimé et celui où tu as eu le plus peur?

Polo : « Le spot où j’ai eu le plus peur, c’est le spot de super tube à Peniche au Portugal, (vague très puissante).

Le spot que j’ai le plus aimé ? C’est en 2000, j’ai surfé une magnifique droite d’1m50-2m avec Bruno Jovelet la droite entre le poste nord et la nord à Lacanau-Océan et je l’ai revécu en 2002. »


Polo à la Nord de Lacanau-Océan en juillet 2000 (photo de Dominic Perroud)

Polo, le handicap et See Surf :

Polo sur la plage donnant des explications pour aider un see surfeur à trouver ses appuis lors d’une journée See Surf

See Surf : Quel regard portes-tu sur le surf et le handicap en général ?

Polo : « Pour moi, il y a beaucoup de respect à avoir. Cela me paraît normal que les handicapés aient accès à la pratique du surf !

Pas de raison que les personnes handicapées ne puissent pas pratiquer le surf !

C’est génial de pouvoir les aider à les rendre heureux ! Tu les vois rire, sourire, être contents, ça n’a pas de prix !

Pour moi, j’ai la chance d’avoir mes yeux et je fais tout pour les conserver et préserver mon corps. Je les comprends tout à fait.

Ça rend humble de les voir surfer !» 

 

See Surf : Comment as-tu découvert See Surf ?

Polo: « J’ai découvert See Surf car je suis membre du LSC.  Je connaissais les sensibilisations faites par Vagdespoir et Ismaël Guilliorit car au début, j’y ai été très modestement impliqué.»

Polo en action avec un see surfeur

See Surf : Peux-tu nous donner ton avis sur l’engouement qui règne tout autour de nos journées ?

Polo: « Super organisation, c’est très convivial, ces journées sont du partage, du plaisir de se retrouver et en plus autour d’une bonne pizza !

Au début, on était 15-20 bénévoles maintenant environ 65-70 personnes ! »

 

See Surf : Que penses-tu du rôle social que See Surf apporte en termes de valeur et de mixité ?

Polo: « See Surf, c’est une asso multigénérationnelle, un esprit d’équipe incroyable, une réelle intégration et une bonne communication vis-à-vis des non-initiés, j’invite tout le monde à rejoindre cette asso. »

Photo de groupe lors d’une journée See Surf 2016

See Surf : Que t’apportes sur un plan émotionnel et sur un plan personnel les actions de See Surf ?

Polo : « Pour moi, c’est d’abord un plaisir, une joie de donner du bonheur aux mal ou non-voyants et de leur permettre de pratiquer le surf et de pouvoir les transmettre ta passion.

Voir un enfant qui crie sa joie en sortant de l’eau, ça n’a pas de prix ! »

 

See Surf : Comment trouves-tu la détermination de nos see surfeurs à vouloir se dépasser ?

Polo: « Ils sont toujours motivés et ils ont une réelle détermination et l’envie de progresser ! »


Lou qui surfe lors d’une journée See Surf

See Surf : En termes d’adaptation de matériel, de pédagogie, de préparation, aurais-tu des conseils à nous donner afin d’améliorer nos journées ?

Polo : « Il faut des grandes planches limite des SUP (Stand-up paddles) car certaines personnes ont une corpulence assez forte et il faut des planches en mousse, ce que vous utilisez actuellement.  

Il faut aussi une bonne logistique mais vous l’avez !

Peut-être pour les repères au niveau des mains, il faudrait des sortes de pad que l’on pourrait mettre et retirer facilement ou une wax d’été qui colle bien. »

 

See Surf : Quelle évolution notable as-tu pu constater depuis ton arrivée à Lacanau, et en termes d’inclusion des personnes handicapées dans la pratique du surf à Lacanau ?

Polo :« La ville est précurseur avec Vagdespoir et See Surf, on voit bien que la commune est sensibilisée et s’adapte au handicap. »

 

See Surf : Penses-tu que le rôle du Lacanau Surf Club (LSC) en tant qu’acteur fédéral est primordial concernant l’inclusion des personnes handicapées dans une pratique globale ?

Polo : « C’est important car le LSC est une vitrine de notoriété, c’est un des plus grands clubs ! Lacanau est, avec Biarritz un lieu incontournable du surf en métropole ! La dynamique des dirigeants du LSC ont fait la réputation du club, c’est donc important qu’ils nous soutiennent ! »

 

See Surf : À See surf, on croit fortement à la possibilité pour des surfeurs non ou mal-voyants d’accéder aux compétitions, penses-tu que cela est réalisable ?

Polo : « Tu as les JO handisport mais pour l’instant, il n’y a pas de surf. Cependant, le surf va être olympique il n’y a donc pas de raison que ça ne soit pas intégré aussi !

Mais il va peut-être falloir se battre pour !

Il faudrait des préparations physiques et techniques pour être opérationnel or sur le plan local ça n’existe pour l’instant pas. »

 

See Surf : Et justement, dans l’objectif de la candidature de la ville de Lacanau  et  du Lacanau surf club (LSC) à recevoir les olympiques de surf, et on le souhaite également d’handisurf,  en 2024. Serais-tu prêt à donner du temps, pour encadrer un see surfeur en vue d’une éventuelle préparation aux compétitions handisurf ?

Polo: « Oui bien sûr ! »

 

See Surf : En cinq mots comment qualifierais-tu See Surf ?

Polo: « Amitié, convivialité, autonomie, esprit d’équipe, partage »

See Surf : Pour toi que signifie la devise de See Surf « Avec le surf tout est possible » ?

Polo: « Elle est géniale, tout à fait adaptée ! Le surf que tu sois valide ou pas, quand tu as un problème, tu vas dans l’eau et surfe et quand tu ressors de l’eau, tu l’as pour un moment oublié et tu es serein. De plus, l’océan est un élément toujours en mouvement et ce n’est jamais le même. C’est un sport qui fait rêver ! »

 

See Surf : Pour conclure Polo,

Le mot de la fin est pour toi Polo,

Souhaiterais-tu ajouter une dernière chose ?

Polo : « Pour moi, il y a un super slogan  qui est « surfing is 100% natural » car il faut juste une planche et des vagues !

Enfin, il faut rester humble et toujours respecter la nature. »


Polo à la Nord de Lacanau-Océan en juillet 2009 (photo de Djé Surf photos)

Publié dans Le staff

Interview de Lou : Jeune mal-voyante passionnée de Surf

Interview de Lou pour une publication – Avril 2017

Photo1Lou à l’écoute des vagues

See Surf : Bonjour Lou, tout d’abord, See Surf te remercie de répondre à ses questions.

Peux-tu te présenter brièvement ?

Lou : Je m’appelle Lou, j’ai onze ans et je suis mal voyante. J’ai une grande-sœur et un grand-frère. J’adore le surf et j’aime aussi le ski et le roller. J’adore aussi chanter et les bonbons. Je déteste les manèges à sensations (je ne me sens pas rassurée, ne voyant le « danger » arriver).

Photo2Lou et Hugo en plein exercice d’équilibre

  • La passion de Lou pour le surf:

Photo3Lou qui surfe

See Surf: Depuis quand surfes-tu ?

Lou: Cela fait quatre ans que je surfe maintenant.

See Surf: D’où te vient cette passion pour le surf?

Lou : J’ai toujours vu mon frère, Hugo surfer. Je l’accompagnais à la plage, il me donnait envie, mais à l’époque, j’avais peur des vagues et je me demandais si c’était possible pour moi de surfer avec ma vision. Je suis allée au Centre Alfred PEYRELONGUE (ndlr : Centre de Soins et d’Éducation Spécialisée pour déficients visuels) pour une journée d’information sur le sport et le handicap. J’ai tout d’abord, rencontré Anne (ndlr : la femme de Claudy, le Président de See Surf) qui donnait un cours de danse. Puis j’ai rencontré Claudy qui faisait une présentation du surf pour les  mal ou non-voyants. Je suis allée le voir et je lui ai demandé si c’était possible pour moi de surfer. Pour lui, la question ne se posait même pas, évidemment ! On a beaucoup échangé tous les deux. Cette rencontre a été chargée en émotions, c’est un moment fort de ma vie. Je me suis donc dit que c’était possible. Comme on dit à See Surf « avec le surf tout est possible ! ».

Photo4
Portrait de Lou et Claudy

See Surf: En moyenne, combien de fois vas-tu surfer dans l’année?

Lou: Sauf en hiver, j’y vais tous les samedis (je suis dans un club).

See Surf: Quelle est ta période préférée?

Lou: Le printemps car il ne fait ni trop chaud, ni trop froid !

See Surf: Peux-tu nous expliquer en quelques mots les sensations que tu ressens lorsque tu surfes? Et qu’est-ce que tu préfères ?

Lou: C’est difficile à expliquer. C’est comme si je marchais sur l’eau.

Pour moi le surf, c’est un sentiment d’autonomie et de liberté ! C’est génial, je ne pense à rien sauf à prendre ma vague. J’aime passer les vagues, ressentir ne pas savoir ce qu’il va arriver. J’ai la sensation d’être surélevée sur la vague. J’adore sentir la vague se rapprocher même si le bruit de la vague peut m’impressionner. Mon moment préféré est lorsque que je glisse sur la vague après avoir fait mon take off.

Je ne sais pas comment l’expliquer mais j’arrive à sentir la présence du « sol ». C’est une connexion entre la planche, la vague, le sol et moi.

Mes parents me font travailler mes autres sens notamment l’ouïe, j’apprends à me concentrer sur l’approche de la vague en essayant de comprendre le mouvement de la planche selon la vague.

Au début ce qui était difficile pour moi c’était l’équilibre, je n’ai pas le même repère visuel que les surfeurs valides, mon frère m’a aidé à travailler mon équilibre.

Ce qui est bien avec le surf c’est que les gens ne regardent pas mon handicap. Dans l’eau, j’ai l’impression qu’il n’y a plus de différence.

J’ai une anecdote à raconter : un jour alors que j’étais en cours de surf, j’ai perdu ma planche (le leash s’est détaché et la planche a continué à suivre la vague), le prof, qui était au bord de l’eau me criait « ta planche est là-bas ». Sauf que moi je ne pouvais pas savoir où elle était exactement, je ne les voyais pas, ni lui, ni bien sûr ma planche. C’est un nageur qui me l’a rapportée.

See Surf: Nous savons que tu as ta propre planche de surf, peux-tu nous dire ses particularités ?

Lou: Tout d’abord, c’est l’ancienne planche de Claudy, elle est donc particulière à mes yeux.

Ensuite, il y a des repères en relief au niveau du nose (ndlr : nez de la planche) et du tail (ndlr : arrière de la planche) pour m’aider à bien me positionner.

Photo5Lou qui part surfer avec sa planche adaptée et Maëva

See Surf: Quels sont ta surfeuse et ton surfeur préférés ?

Lou: Ma surfeuse préférée est Johanne Defay (je l’ai déjà rencontrée) et mon surfeur préféré est Claudy.

See Surf: As-tu de la famille ou des amis qui surfent également?

Lou: Oui mon frère Hugo et mes amis, Guillaume et Lillian.

Photo6 Un câlin devant les vagues de Lou avec son frère lors d’une journée See Surf

  • Lou et See Surf :

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Lou qui surfe sous l’encadrement de bénévoles See Surf

See Surf : Depuis quand surfes-tu avec See Surf?

Lou : J’ai commencé avec See Surf l’année où j’ai rencontré Claudy.

See Surf : Comment as-tu connu See Surf?

Lou : Lorsque j’ai rencontré Claudy lors d’une journée d’information sur le sport et le handicap au Centre Alfred PEYRELONGUE.

See Surf: Qu’est-ce que tu préfères durant une journée See Surf?

Lou: J’aime tout. Il y a vraiment une bonne ambiance, c’est un moment convivial.

Ce que j’aime avec See Surf, c’est que lorsque nous sommes dans l’eau nous sommes autonomes car les bénévoles ne sont pas trop sur nous mais en même temps ils restent présents, je me sens en sécurité avec eux.
See Surf: Qu’est-ce que See Surf pourrait faire de plus ?

Lou: Une idée : réfléchir sur l’amélioration des repères sur la planche. Lors des journées See Surf, je n’utilise pas toujours ma planche. On met de la waxe sur les planches à des points stratégiques pour nous. Au début de la session ça aide mais au bout d’un moment la waxe part.

Ensuite, pourquoi pas nous faire découvrir de nouvelles sensations de glisse, comme la découverte du Kayak et des sorties skate que See Surf a déjà fait.

Enfin, j’aimerais bien me mettre à la compétition.

See Surf: Pour terminer, que penses-tu de la devise de See Surf « Avec le surf tout est possible»?

Lou: Que c’est vrai!

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Lou qui surfe sous la surveillance notamment de Pauline lors d’une journée See Surf

Publié dans Le staff

Les inscriptions ça se passe comment ?

Image6Interview d’El Roro sur l’organisation des inscriptions et le déroulement des journées See Surf.

See Surf : Bonjour El Roro, peux-tu rapidement nous expliquer ton rôle au sein de See Surf ?
El Roro : Je suis secrétaire, membre fondateur et bénévole de See Surf depuis le début de l’aventure. je m’occupe principalement de la communication Web, Facebook, Twitter et de la gestion des inscriptions et du déroulement des journées See Surf en coordination avec le LSC.

See Surf : Comment fait-on pour participer à une journée See Surf quand on est un nouveau bénévole?
El Roro : C’est assez simple, il suffit juste de venir s’inscrire sur la page »Événements » du site Web de See Surf (http://events.seesurf.fr).
Ensuite il faut choisir une des dates ou le bénévole sera disponible et cliquer dessus.
Une nouvelle page s’ouvre avec les principales informations de la journée (adresse, date, heure de début et de fin, publics concernées).
En bas de cette page il y a un petit formulaire à remplir avec Nom Prénom, adresse email et un téléphone afin que nous puissions communiquer avec la personne inscrite. Les places sont limitées à 2 personnes par inscription. Il y a une petite zone de texte pour dire qui on est, si on surfe, etc.
C’est très facile et rapide. Vous recevez une confirmation dans les 24 à 48 Heures au plus tard.
Je tiens à préciser que c’est également la même procédure pour les anciens bénévoles.

See Surf : Et les inscriptions sur Facebook ?
El Roro : Nous créons effectivement des événements Facebook correspondant aux dates des journées See Surf, mais nous ne pouvons pas prendre en compte les inscriptions par ce biais. Pour des raisons d’organisation et d’assurance il nous faut connaitre l’identité et les coordonnées exacte de chaque bénévole, c’est pour cela qu’une inscription n’est officielle que par le site Web de See Surf (http://events.seesurf.fr). L’événement Facebook est essentiellement un moyen de communication.

See Surf : On peut s’inscrire n’importe quand ?
El Roro : Oui et Non ! je m’explique. Pour cette année on ouvre toutes les dates en même temps, donc Oui on peut s’inscrire maintenant pour Septembre par exemple. Mais les inscriptions sont limitées à 30 Bénévoles par date et elles sont fermées 1 semaine avant l’événement.

See Surf : une fois inscrit, comment on fait ensuite quand on est débutant bénévole chez See Surf ?
El Roro : C’est encore assez simple, 2 semaines avant la journée See Surf chaque bénévole inscrit reçoit la notice d’information aux Bénévoles.
Cette notice permet de préparer les bénévoles au déroulement de la journée. Elle présente l’accompagnement d’un Seesurfeur et les différents rôles de chacun dans l’accompagnement de celui-ci. Les bénévoles savent rapidement à quoi s’attendre pour la journée. Des photos et schémas viennent illustrer les différentes situations qu’ils vivront sur le terrain.
Toutes les notions qui sont dans la notice sont ensuite revues le jour J lors du Briefing Sécurité en début de Journée. C’est la même chose pour les anciens bénévoles. Une petite révision des consignes fait du bien à tout le monde, même à moi ! c’est l’occasion pour eux de recevoir également les encouragement de Claudy ROBIN, le président de See Surf.

See Surf : Les bénévoles doivent prévoir quelque choses pour la journée ?
El Roro : Non rien de particulier. Sur place le LSC met à disposition les combinaisons, les vestiaires et les douches pour se changer. J’en profite pour faire un BigUp au Lacanau Surf Club pour la mise à disposition du matériel et d’une partie de l’infrastructure, sans eux l’aventure ne serait pas possible. Les bénévoles peuvent venir avec leur combi si ils préfèrent. See Surf fournit le repas du midi et les boissons pour la journée : Café, thé, coca, eau etc…Les bénévoles doivent juste venir avec leur bonne humeur et l’envie de vivre une journée pas comme les autres. C’est déjà beaucoup !

See Surf : Est-ce que tu organise également le co-voiturage des bénévoles ?
El Roro : Non, nous n’organisons pas le co-voiturage vers Lacanau pour nos journées See Surf. Mais chaque bénévole peut profiter du groupe Facebook de See Surf pour communiquer ces besoins ou propositions de trajet. Ensuite à charge à chaque bénévole de s’entendre avec leurs co-voituriers sur les modalité, cela ne regardera pas See Surf.

See Surf : Si les bénévoles ont des questions comment font-ils ?
El Roro : Ils peuvent nous écrire sur le Groupe Facebook See Surf ou nous adresser un email à seesurf@live.fr

See Surf : Que peut-on espérer pour les journées See Surf & LSC 2016 ?
El Roro : Des belles petites vagues sans courant, du soleil et pleins de sourires à la fin de la journée.

See Surf : Quelle est la devise de See Surf ?
El Roro : Avec le surf tout est possible !

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Dernière Journée See Surf 2014 d’Initiation au Surf pour mal et non-voyants

Le Dimanche 14 Septembre 2014 See Surf en partenariat avec le Lacanau Surf Club, organiseront pour la 5ème fois, une journée d’initiation au surf destiné à un public de mal et non-voyants.

Cette journée du 14 Septembre est une journée qui accueillera des bénéficiaires Adultes de l’UNADEV, de Voir Ensemble, et d’enfants venant par leur propre moyen.

La petite Lou (8 ans) qui a fait sa première journée See Surf  en juillet, viendra nous montrer les progrès qu’elle a réalisé en Famille avec la Planche que lui a offert Claudy.

Elle nous aidera à accueillir le petit Lilian (6 ans de Toulouse), qui viendra pour sa première journée See Surf, accompagné de sa maman.

Tout ce petit monde Adultes et enfants pourrons ainsi s’initier ou se perfectionner au plaisir de glisser sur une vague par une équipe d’encadrants bénévoles de See Surf et des moniteurs du LSC.

Cette journée est l’une des 3 journée prévu cette année 2014 pour See Surf et en collaboration avec le Lacanau Surf Club.

Affiche See Surf - Lacanau Surf Club - 14 Septembre 2014

See Surf : Avec le Surf tout est possible !

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C’est quoi une journée d’initiation ?

Initiation au Surf pour personnes mal et non- voyantes.

 L’association SEE SURF et le LACANAU SURF CLUB organisent des journées See Surf, d’initiation au surf à destination des personnes mal et non-voyantes.

Le rendez-vous est donné  au Lacanau Surf Club, Maison de la glisse, à LACANAU Océan suivant une programmation de dates prédéfinies à l’avance (voir la page Programme)

Faire équipe sur l’eau comme sur terre

Le Lacanau Surf Club met à disposition de l’association du matériel et des moniteurs diplômés d’Etat de surf pour faire découvrir le surf à un public déficient visuel. Une dizaine de non-voyants ou malvoyants sont invités via le réseau de l’UNADEV à participer à cette initiation.

Le surfeur handicapé visuel est accompagné par 2 personnes voyantes : une qui l’amène et le guide au départ de la vague, et l’autre qui l’attend au bord pour le guider à l’arrivée. Un bel exemple de solidarité, de don de soi pour les accompagnateurs et de dépassement de soi pour les sportifs non- ou malvoyants !

Un programme de sens

La journée s’articulera autour de 2 moments :
–          1er Moment : la découverte sensorielle du milieu océanique (eau, sable, courant, baïnes, etc.), du matériel de surf (planche, combinaison, wax, etc.) et une première initiation sur l’eau.
–          2ème moment : mise en pratique et initiation aux sensations du surf.

Un temps d’échange et d’information est proposé par les associations pour rencontrer le grand public et les personnes non- ou malvoyantes.

Tout au long de la journée, les participants du défi seront présents pour accueillir, sensibiliser le public et  témoigner de leur expérience.

Contact : seesurf@live.fr 

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Claudy Robin : le surf vu par un non voyant

Article de Surf Session Magazine, Olivier Hamelin – septembre 2012 claud-562x450

Atteint d’une maladie génétique de la rétine depuis l’âge de 9 ans, Claudy Robin, un bordelais de 43 ans, a perdu la vue il y a 6 ans à la suite d’un grave accident l’ayant plongé dans le coma. Un an après cette terrible épreuve, sa rencontre avec le surf allait changer sa vie.

Tout est parti d’une vidéo relayée par Surf Session, retraçant une session à Pipeline de Derek Rabelo, surfeur non-voyant brésilien en trip à Hawaii. Claudy nous avait alors contactés via les réseaux sociaux : “les gars, en France aussi il existe un aveugle qui surfe”.

À l’écoute du feeling.

Claudy surfe depuis maintenant sept ans. « Depuis l’âge de neuf ans, j’ai une maladie génétique de la rétine qui me fait perdre la vue » m’explique Claudy. « Il y a six ans, j’ai eu un grave accident qui m’a plongé dans le coma. Lorsque je me suis réveillé, j’avais perdu plus de la moitié de mon acuité visuelle. » Prisonnier de cette geôle trouble, Claudy aurait pu abandonner, baisser les bras et se résigner, mais c’était sans compter sur une rencontre avec cette bonne vieille planche à dérive qui allait changer sa vie, et le pousser à briser ses chaînes.

« Ma première vague, c’était il y a cinq ans à Biscarosse », se rappelle-t-il avec émotion. « J’ai d’abord commencé par surfer couché sur des mousses, puis j’ai voulu progresser comme tout le monde. Aujourd’hui, quand je vois que je peux prendre des vagues de près d’1,50 m sans tomber, je me dis que c’est gagné. »

Entouré de ses potes Tony, Rodolphe, Pierre ou encore Rafio, Claudy arrive désormais à surfer assez régulièrement, mais il sait qu’il ne sera jamais totalement indépendant sur sa planche. Chaque session entouré de ses potes est pour lui une bénédiction, un cri de joie, une curiosité de vivre, selon ses mots. Il faut les voir et les entendre à l’eau, lui et ses acolytes qui l’orientent, le placent et le guident. Les codes sont clairs : seuls quelques mots leur suffisent pour se comprendre. Ces gars-là sont portés par une véritable harmonie qui réchauffe le cœur. « Rafio, c’est mon jumeau dans l’eau. Avec lui, on a acquis des automatismes et des réflexes. On a des codes verbaux qui me permettent d’anticiper. Des mots très courts qui m’évitent de prendre la vague en pleine face. Et maintenant, la plupart des vagues que Rafio me fait prendre sont propres. »

« Bien sûr, la route a été longue, et les chutes sont encore nombreuses. « Mais les non-voyants ont une organisation dans l’espace en général beaucoup plus rapide que les voyants, ajoute-t-il. Nous devons nous concentrer sur les réactions de notre corps, et développer d’autres sens qui vont nous permettre d’avoir une assise plus forte et d’être aux aguets. Pour nous, c’est d’abord une écoute de l’élément et ensuite du corps. »

Une écoute qui, pour Claudy, semble avoir fonctionné. Il suffit de l’entendre crier de joie lorsqu’une vague le pousse jusqu’à la plage et que ses dérives finissent par toucher le sable…

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